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Hôtellerie et tourisme

5 exemples de tourisme durable dans le monde (2026)

Par Brice Delhome|
Traveller overlooking an unspoilt natural landscape, illustrating five examples of sustainable tourism around the world that balance conservation, culture, and local economic benefit

Qu'est-ce que le tourisme durable ?

Le tourisme durable est un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux présents et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, de l'industrie, de l'environnement et des communautés d'accueil. Cette définition provient d'UN Tourism (l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies). Le tourisme durable repose sur trois dimensions équilibrées — protéger les ressources environnementales, respecter l'authenticité culturelle des communautés d'accueil et garantir des bénéfices économiques viables à long terme, équitablement répartis. La distinction compte car le tourisme est l'une des plus grandes industries du monde : le World Travel & Tourism Council (WTTC) indique que le secteur a contribué pour 10 900 milliards USD, soit environ 10 % du PIB mondial, et un emploi sur dix en 2024. Un tourisme qui dégrade les paysages, les écosystèmes et les cultures que les voyageurs viennent découvrir finit par détruire sa propre base de ressources, raison pour laquelle la durabilité est passée d'une préoccupation de niche à une discipline de gestion centrale dans l'ensemble du secteur.

Quels sont les 5 exemples de tourisme durable dans le monde ?

Cinq exemples largement documentés de tourisme durable montrent comment le concept fonctionne en pratique à l'échelle nationale, d'une destination et d'un établissement. Chaque exemple associe protection de l'environnement, respect culturel et bénéfice économique mesurable pour les populations locales, ce qui distingue un véritable tourisme durable des simples labels marketing. Les cinq exemples de tourisme durable examinés dans ce guide sont :

  1. Bhoutan — une politique nationale « haute valeur, faible impact » financée par une redevance journalière de développement durable.
  2. Costa Rica — une économie d'écotourisme bâtie sur des forêts protégées, des paiements pour services écosystémiques et une électricité presque entièrement renouvelable.
  3. Slovénie — un programme de certification national, le Green Scheme du tourisme slovène, aligné sur les critères du GSTC.
  4. Six Senses Fiji — un complexe de luxe fonctionnant à 100 % à l'énergie solaire avec des systèmes d'eau et de déchets sur site.
  5. Mdumbi, Afrique du Sud — un tourisme communautaire avec propriété locale partagée et échange culturel.

1. Le Bhoutan : un tourisme à haute valeur et faible impact

Le Bhoutan est l'exemple national le plus clair de tourisme durable car le pays limite délibérément le nombre de visiteurs pour protéger son environnement et sa culture. Le Bhoutan applique une politique « haute valeur, faible impact » ancrée dans une redevance de développement durable (Sustainable Development Fee, SDF), fixée à 100 USD par adulte et par nuit pour la plupart des visiteurs internationaux, un tarif maintenu jusqu'au 31 août 2027 après que le gouvernement l'a réduit de moitié depuis 200 USD en septembre 2023. Les recettes de cette redevance sont réinvesties directement dans la santé publique gratuite, l'éducation, les infrastructures et la conservation du patrimoine culturel et naturel du Bhoutan. Le Bhoutan associe cette redevance à un engagement constitutionnel de maintenir au moins 60 % de son territoire sous couvert forestier, et le pays reste l'une des rares nations à bilan carbone négatif au monde. Le modèle bhoutanais démontre que contraindre la demande, plutôt que maximiser les arrivées, peut préserver à la fois l'intégrité écologique et une économie touristique viable.

2. Le Costa Rica : une économie bâtie sur l'écotourisme

Le Costa Rica est un exemple de tourisme durable à l'échelle nationale car le pays a fait de la conservation le fondement de son économie touristique. Après des décennies de déforestation, le Costa Rica a inversé la tendance grâce à son programme de paiements pour services environnementaux (PSA), qui rémunère les propriétaires fonciers pour protéger et restaurer la forêt ; le couvert forestier a depuis retrouvé environ 60 % du territoire national. Le Costa Rica produit plus de 98 % de son électricité à partir de sources renouvelables — principalement hydroélectricité, géothermie et éolien — conférant à son secteur touristique une empreinte carbone opérationnelle exceptionnellement faible. Des parcs nationaux et réserves protégés ancrent désormais un marché florissant d'écotourisme, et une large part des millions de visiteurs annuels viennent spécifiquement pour la biodiversité du pays. Le Costa Rica montre comment politique environnementale, stratégie énergétique et tourisme peuvent se renforcer mutuellement, rendant les actifs naturels qui attirent les visiteurs plus précieux à protéger qu'à exploiter.

3. La Slovénie : un programme national de certification verte

La Slovénie est un exemple de tourisme durable car le pays a construit un système de certification structuré et mesurable couvrant l'ensemble de son réseau de destinations. Le Green Scheme du tourisme slovène (GSST), lancé par l'Office slovène du tourisme en 2014, attribue des labels « Slovenia Green » — Bronze, Argent, Or ou Platine — aux destinations, hébergements et voyagistes répondant à des critères de durabilité définis. Le Green Scheme du tourisme slovène repose sur les critères mondialement reconnus du Global Sustainable Tourism Council (GSTC) et sur le Système européen d'indicateurs du tourisme (ETIS), lui conférant une crédibilité de tierce partie plutôt que des allégations autodéclarées. Le programme compte désormais plus de 200 membres, dont 59 destinations certifiées, et la capitale Ljubljana a obtenu le score d'évaluation Platine le plus élevé du dispositif. La Slovénie démontre que la durabilité peut être pilotée à l'échelle d'un pays entier au moyen de normes transparentes, de certification et de mesure continue plutôt que par des projets isolés.

4. Six Senses Fiji : un complexe de luxe alimenté à l'énergie solaire

Six Senses Fiji est un exemple de tourisme durable à l'échelle d'un établissement, prouvant que l'hôtellerie de luxe et un faible impact environnemental peuvent coexister. Situé sur l'île de Malolo, le complexe fonctionne à 100 % à l'énergie solaire et a été le premier micro-réseau des Fidji à utiliser le stockage par batteries Tesla, exploitant l'une des plus grandes installations solaires hors réseau de l'hémisphère sud. Six Senses Fiji gère l'eau sur site par la récupération des eaux de pluie et une unité de raffinage par osmose inverse qui produit de l'eau potable et élimine les bouteilles plastiques à usage unique, aux côtés d'un traitement des eaux usées par lombricompostage. Le complexe s'approvisionne auprès de fournisseurs et d'artisans locaux, canalisant les recettes touristiques vers l'économie fidjienne environnante. Six Senses Fiji montre que les complexes haut de gamme — souvent critiqués pour leurs opérations gourmandes en ressources sur des îles fragiles — peuvent décarboner leur énergie, boucler les cycles de l'eau et des déchets et soutenir les moyens de subsistance locaux sans amoindrir l'expérience des hôtes.

5. Mdumbi, Afrique du Sud : le tourisme communautaire

Mdumbi, dans la province du Cap-Oriental en Afrique du Sud, est un exemple de tourisme durable qui place la propriété et le bénéfice directement entre les mains de la communauté d'accueil. Mdumbi Backpackers fonctionne selon un modèle de tourisme communautaire dans lequel une part importante de l'entreprise est détenue collectivement par des employés amaXhosa locaux et une association communautaire, de sorte que les recettes touristiques restent dans la région plutôt que de s'évader vers des opérateurs lointains. Mdumbi intègre l'échange culturel — guides locaux, cuisine traditionnelle et expériences villageoises — à la protection de l'environnement le long d'une portion préservée de la Wild Coast. L'organisation à but non lucratif associée, TransCape, canalise les revenus touristiques vers des projets locaux de santé, d'éducation et de développement. Mdumbi illustre en pratique les piliers socio-économique et culturel du tourisme durable : lorsque les communautés co-détiennent les entreprises touristiques, le modèle renforce les moyens de subsistance locaux, préserve le patrimoine culturel et donne aux habitants un intérêt direct à protéger l'environnement naturel qui attire les visiteurs.

Quels sont les critères du GSTC pour le tourisme durable ?

Les cinq exemples ci-dessus sont crédibles parce qu'ils correspondent à des normes reconnues plutôt qu'à du marketing. Le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) organise le tourisme durable autour de quatre piliers selon lesquels toute destination ou entreprise peut être évaluée :

  • Gestion durable — des systèmes efficaces de gouvernance, de planification et de suivi qui intègrent la durabilité dans les opérations.
  • Impacts socio-économiques — des bénéfices économiques équitables pour les communautés et les travailleurs locaux, et la protection des moyens de subsistance.
  • Impacts culturels — la sauvegarde du patrimoine culturel, des traditions, des sites et de l'authenticité des communautés d'accueil.
  • Impacts environnementaux — la conservation de la biodiversité et des écosystèmes tout en réduisant l'usage des ressources, les déchets et la pollution.

Comment les 5 exemples se comparent-ils ?

Les cinq exemples de tourisme durable opèrent à des échelles différentes — pays, destination et établissement — et chacun se distingue sur une combinaison différente des piliers du GSTC. Les comparer côte à côte montre comment un même principe — équilibrer environnement, culture et économie locale — s'applique d'une politique nationale à un seul complexe. Le tableau ci-dessous résume la localisation, le modèle et une donnée vérifiée pour chaque exemple.

Cinq exemples de tourisme durable comparés (données vérifiées, 2024-2026)
ExempleLocalisationModèleDonnée clé
BhoutanAsie du Sud (national)Politique haute valeur, faible impactRedevance de 100 USD/nuit (fixée jusqu'à août 2027)
Costa RicaAmérique centrale (national)Écotourisme + paiements pour services écosystémiques98 %+ d'électricité renouvelable ; ~60 % de couvert forestier
SlovénieEurope (national)Certification verte fondée sur le GSTC200+ membres ; 59 destinations certifiées
Six Senses FijiFidji (complexe)Complexe de luxe solaire100 % d'énergie solaire avec stockage par batteries Tesla
MdumbiAfrique du Sud (communauté)Tourisme communautairePropriété locale partagée ; finance des projets communautaires

Pourquoi le tourisme durable est-il important en 2026 ?

Le tourisme durable est important en 2026 parce que l'industrie est à la fois énorme et significative sur le plan environnemental, et les deux faits sont désormais indissociables. UN Tourism indique que les arrivées de touristes internationaux ont atteint 1,4 milliard en 2024, soit une reprise quasi totale de 99 % par rapport aux niveaux d'avant la pandémie, tandis que le WTTC valorise le secteur à 10 900 milliards USD. Dans le même temps, des recherches évaluées par les pairs publiées dans Nature Communications en 2024 ont établi que le tourisme représente 8,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et croît plus vite que l'économie dans son ensemble, l'aviation et le transport terrestre étant les principaux contributeurs. La hausse du nombre de visiteurs alimente aussi le surtourisme, le stress hydrique et la pression sur les sites culturels des destinations prisées. Les exemples de ce guide montrent que croissance et responsabilité ne sont pas opposées : par la gestion de la demande, l'énergie renouvelable, la certification et la propriété communautaire, les destinations peuvent capter la valeur économique du tourisme tout en protégeant les actifs qui les rendent dignes d'être visitées.

Comment bâtir une carrière dans le tourisme durable ?

Bâtir une carrière dans le tourisme durable signifie combiner une expertise de l'hôtellerie et des destinations avec les compétences en gestion, en finance et en reporting qui transforment les principes de durabilité en opérations mesurables. La demande est large et croissante : hôtels, complexes, voyagistes et organismes de destination ont de plus en plus besoin de professionnels capables de mettre en œuvre des normes alignées sur le GSTC, de décarboner les opérations, de gérer l'eau et les déchets et de mesurer l'impact social sur les communautés d'accueil. Une formation structurée de niveau premier ou troisième cycle axée sur l'hôtellerie et le tourisme durables fournit le socle intégré — stratégie, opérations, finance et reporting de durabilité — que des cours courts offrent rarement. SUMAS — la Sustainability Management School basée en Suisse et enseignée entièrement en anglais par des praticiens du secteur — propose des programmes construits autour de la durabilité comme discipline professionnelle, dont le MBA in Sustainable Hospitality Management, le Master (MAM) in Sustainable Hospitality Management et le BBA in Sustainable Hospitality Management, disponibles sur campus et en ligne. Chaque programme ancre les exemples de ce guide dans une pratique mesurable, préparant les diplômés à mener un tourisme responsable à travers les destinations, les complexes et les communautés.

References & Sources

  1. Sustainable Development of Tourism — Definition, UN Tourism (UNWTO) (2024)
  2. International tourism recovers pre-pandemic levels in 2024, UN Tourism (UNWTO) (2025)
  3. Economic Impact Research — Travel & Tourism 2024, World Travel & Tourism Council (WTTC) (2024)
  4. The GSTC Criteria — Standards for Sustainable Tourism, Global Sustainable Tourism Council (GSTC) (2024)
  5. Drivers of global tourism carbon emissions, Nature Communications (2024)
  6. Tourism emissions & climate action (Glasgow Declaration), UN Tourism (UNWTO) & UNEP (2024)
  7. Sustainable Development Fee — official guidance, Department of Tourism, Royal Government of Bhutan (2024)
  8. Sustainability & Biodiversity Conservation, Costa Rica Tourism Board (ICT) (2024)
  9. Nationwide Tourism Change: Slovenia Shows How To Do It, Global Sustainable Tourism Council (GSTC) (2024)